mardi 14 juillet 2015

ESPERANCE 20.2015 | le nouveau numéro de la Revue de Reflexion Théologique et de Formation Pastorale


Le Contenu

Le Pardon - un signe de maturité spirituelle
Yafali - ni la kogoli tamashyen
Témoignage chrétien face aux objections muslumanes
Culte dans la maison - quelle responsabilité pour le chef de famille
Changer les mauvaises habitudes en bonnes hapitudes
Les Exercices spirituels (1) - lecture de la Bible et étude de la Bible




vendredi 10 avril 2015

Promouvoir l'œuvre de Dieu

par Yiranou TRAORÉ

Introduction:

Introduire les autres dans l'œuvre de Dieu est une grande tâche. Plusieurs milliers de missionnaires ont leur tombeau en Afrique. Quand les nouvelles des décès arrivaient aux églises qui les ont envoyés, les gens n'avaient pas le cœur froid, au contraire, plusieurs se levaient pour venir à la relève. Ils ne calculaient pas quel serait leur salaire, quelles sont les conditions.

1. Comment susciter des ouvriers pour l'œuvre de Dieu.

1.1. Par la prière - le Maître l'a dit Mt 9:37.38. Notre devoir est de prier pour que le Seigneur fasse le recrutement. Par la prière, nous trouverons des gens que le Seigneur a vraiment appelés.

a. L'appel précis est indispensable pour un ministère efficace. L'appel de Paul l'a soutenu dans les temps difficiles et l'a motivé à persévérer jusqu'au bout. N'est pas pasteur, évangéliste, docteur qui le veut (n'importe qui peut être boulanger, fabricant de bougies ...). Hébr 5.4, 5: L'écriture ne nous présente pas des volontaires pour l'œuvre de Dieu. Tous les prophètes, les apôtres, les évangélistes, les docteurs, pasteurs .... ont tous été appelés de Dieu (Abraham, Moise, Jérémie, Esaïe, les apôtres de Jésus, Paul ... etc.). Les volontaires n'accomplissent pas l'œuvre de Dieu, mais des mercenaires. (Regardez autour de vous les organisations para-ecclésiastiques ... salaire gros).

Prenons l'exemple de Paul et voyons ce qu'il dit à l'égard de son ministère:

Rom. 1:1: "serviteur de Jésus-Christ appelé être apôtre"
1 Co 1:1: "appelé l’être apôtre, par la volonté de Dieu".
2 Co 1:1: "par la volonté de Dieu".
Gal 1:1 " apôtre ... par Jésus Christ".

Il est clair que l'on devenait apôtre de Jésus en vertu du volontariat, Paul ne le serait jamais devenu. Jérémie ne serait jamais devenu prophète (Jér 1.4; 17:16), Moise le premier l'avait refusé. Dieu avait prédestiné Jérémie au ministère de prophète (Jér 1:5). Prions donc Dieu de nous envoyer des ouvriers. Tous ceux qui Dieu nous envoie nous seront utiles.

1.2. La prédication de la parole de Dieu. Plusieurs pasteurs et missionnaires peuvent retracer leur appel suite à une prédication qu'ils ont entendue. Cela peut être à un camp, une conférence, un séminaire. Plusieurs sont devenus missionnaires parce que Dieu leur a parlé lors d'une conférence missionnaire.

1.3. La lecture. Certains ont entendu l'appel de Dieu en lisant certains ouvrages chrétiens: biographies d'hommes de Dieu par exemple.

2. Comment former l'ouvrier pour l'œuvre de Dieu.

Notons deux genres de formation: la formation formelle et la forme informelle.

2.1. La formation formelle. Elle consiste à suivre le programme d'une institution de formation biblique. L'institution tient compte de la performance intellectuelle de l'individu. Ce genre de formation n'est pas à négliger. Le Pentateuque nous révèle les connaissances variées de Moise, connaissances qu'il a acquises á l'université d'Egypte: législateur, architecte, géologue, géographe, botaniste, zoologue, médecin, historien, etc. Acte 7:22. C'est avec raison que le Pentateuque est la base de toute la révélation divine. Il est vrai que Dieu a utilisé des hommes de peu d'instruction ou même des illettrés mais cela ne fait pas la règle. Tous les disciples de Jésus sont devenus performants à la fin de leur vie. Voyez les écrits de Jean et de Pierre. Jean utilise un vocabulaire très élevé en parlant du logos. Le livre des proverbes nous encourage à l'étude et à la recherche. Prov 1:1-5.

2.2. La formation informelle. C'est le type de formation qui consiste à suivre un maître dans ses mouvements. Cette formation n'est pas soldée par un diplôme académique. Cette forme de formation était courante chez les juifs, mais elle supposait une formation académique antérieure. Josué était disciple de Moise. Jos 1:7; 14.

Samuel avait des disciples 1 Sam 10:5,10.
Jésus avait ses 12 disciples Mt 10:2.5
Timothée, Tite étaient des disciples de Paul.
Les pharisiens avaient des disciples: Mt 9:14.
Jean-Baptiste avait des disciples : Luc 11:1.

Ce genre de formation consiste à suivre le maître d'un lieu à l'autre. Les paroles, les mouvements, les sentiments, les réactions du maître caractérisent le disciple. Acte 4:13. Leur courage et leur franc parler étaient remarquables. Ces vertus caractérisaient Jésus. Cette formation ne fait pas seulement du disciple un érudit, mais un homme qui reflète un autre: "Tout disciple accompli sera comme son maître." Luc 6.40. Le maître est plus proche de l'élève.

3. Comment encourager les collaborateurs.

Lisez les versets bibliques suivants:
Col 4:7.17 : Tychique, notre cher ami et notre frère, qui est un serviteur fidèle et notre collaborateur dans l'œuvre du Seigneur, vous mettra au courant de tout ce qui me concerne. Dites à Archippe : veille sur le ministère que tu as reçu dans l'œuvre du Seigneur, pour bien l'accomplir.

3.1. Une note d'appréciation de ce que fait le collègue. Paul exprimait de l'appréciation pour ses collaborateurs. Bien qu'il n'ait adressé directement ces appréciations aux intéressés, cela cependant constitue un exemple pour nous à suivre : "C'était un bon message". "tu as compris le texte", "j'ai été édifié" etc. sont quelques exemples de notes d'encouragement à un pasteur.

3.2. Encourager par notre exemple. 2 Tim 3:10-12. Paul encourageait Timothée qui avait des problèmes au moment où l'apôtre lui écrivait. Nos souffrances, nos joies peuvent être des ancres d'encouragement pour les autres.

L'Ecriture nous rapporte plusieurs encouragements suite aux souffrances et à la patience des saints et des prophètes (Jac 5:10.11).


Source: Esperance 04.02-1998


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vendredi 3 avril 2015

La Place de la Femme dans l'Eglise malienne II

par Maurice S. SOGOBA


Nous avons déjà abordé une partie de ce thème dans le no. 00/00/1997 de notre revue de réflexion théologique et de formation pastorale au Mali. Les points que nous avons déjà traités sont les suivants:

1. Considérations générales
2. Assises vétérotestamentaires de la femme
3. Le leadership des femmes dans le Nouveau Testament
4. L’Eglise primitive et les femmes
5. Une étude exégétique de la situation de la femme dans 1 Tim 2:11-12

En conclusion nous avons constaté:
- Les femmes ont été des Evangélistes
- Les femmes ont été des diaconesses

Elles peuvent jouer encore ces rôles dans nos Eglises maliennes. Que leur reste-t-il à faire?
...

6.        La libéralité de la femme.

6.1. Embellissement des lieux cultes:

„Toutes les femmes qui avaient de l’habileté filèrent de leurs mains, elles apportèrent ce qu’elles avaient filé, (des étoffes) violettes, pourpres, cramoisies et du fin lin. Toutes les femmes dont le coeur était bien disposé et qui avaient l’habileté, filèrent du poil de chèvre.“ (Ex 35:25-26).
Nous sommes dans le domaine de l’esthétique - le goût de ce qui est beau. C’est le domaine privilégié de la femme. Elle cherche à se maintenir belle. C’est bien normal et même légitime.
Les femmes chrétiennes maliennes peuvent mieux faire au delà de leurs parures extérieures. Embellir l’intérieur et l’extérieur de la maison de Dieu. Les couturières peuvent apporter leur contribution dans la confection des rideaux de l’Eglise. Les potières peuvent s’occuper des pots de fleures. Les tapissières peuvent orner les murs et le sol de l’Eglise. Il n’y a pas de femme
sans talents naturels. Femmes maliennes, que pouvez-vous faire pour rendre nos lieux de culte agréables à l’oeil.

6.2. S’occuper des malheureux.

„Elle ouvre ses mains pour le malheureux, elle tend la main au pauvre“. (Pr 31:20)
Il s’agit lá de la femme de valeur. La valeur de la femme se mesure à son assistance aux malheureux et aux pauvres.
Dans nos Eglises au Mali, nous avons des femmes de valeurs. Elles sont certainement mal informées du vrai sens du mot valeur. La femme de valeur est celle qui a la gâchette facile. C’est celle qui s’occupe des pauvres. „Celui qui a pitié de l’indigent prête à l’Eternel, qui lui rendra ce qui lui est dû“ (Prov 19:17).
 „Le juste connaît la cause des indigents, mais le méchant ne comprend pas la connaissance“ (Prov 29:7).
Souvenons-nous de la négligence de Sodome à l’égard des pauvres et des indigents: “Voici quelle a été la faute de Sodome, ta soeur: elle avait de l’orgueil, du pain à satiété, une insouciante tranquillité, elle et ses filles, et elle ne fortifiait pas la main du malheureux et du pauvre.“ (Ez 16:49).
Dieu se soucie beaucoup de ceux qui souffrent. Quel que soit le motif. Les femmes chrétiennes maliennes peuvent se regrouper en association de secours aux malheureux et aux pauvres. Leurs aides pourraient être ponctuelles mais bien significatives.

6.3. Assistance de leurs biens à l’Eglise.

Les femmes chrétiennes néotestamentaires ont toujours utilisé leurs biens pour le progrès de l’Eglise. J’entends par Eglise, l’église locale et par extension l’église universelle.
„Jeanne, femme de Chuza, intendant d’Hérode, Suzanne et plusieurs autres qui les assistaient de leurs biens“ (Luc 8:3). Nul doute que la femme de l’intendant devait avoir de l’argent. Luc ne fait pas ressortir la parure extérieure de la femme. Il met un accent particulier sur le soutien qu’elle accorde á Jésus et à ses disciples. Il n’y avait pas que la femme de l’intendant, il y a bien d’autres femmes qui assistaient Jésus et ses disciples de leurs biens.
Plus tard, dans l’Eglise primitive, les tuniques et les manteaux de Tabita vendus servaient aux progrès de l’Eglise (Ac 9:36-39).
Le Mali est certes un pays pauvre. Cependant les femmes peuvent bien cotiser mensuellement ou même hebdomadairement pour le progrès de l’Eglise. „Nous sommes pauvres“ , me diraient les pauvres. Ecoutons Jésus: „Jésus leva les yeux et vit les riches qui mettaient leurs offrandes dans le tronc. Il vit aussi une  veuve indigente, qui y mettait deux petites pièces. Et il dit: Je vous le dis, en vérité, cette pauvre veuve a mis plus que tous les autres; car c’est de leur superflu que tous ceux là ont mis des offrandes dans le tronc, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu’elle avait pour vivre“ (Luc 21:2-3).
La pauvreté n’est pas une excuse pour ne pas donner nos biens à Dieu. Dès que vous savez qu’il y a un réel besoin, soyez prêtes à offrir tout ce que vous possédez et vous verrez „si l’Eternel n’ouvre pas pour vous les écluses du ciel, s’il ne déverse pas pour vous la bénédiction au-delà de toute mesure“ (Malachie 3:10).
Je crois à présent que le bonheur de l’Eglise, le progrès de l’Eglise se trouve entre les mains des femmes chrétiennes maliennes.

6.4. Les femmes au secours des serviteurs de Dieu.

Les serviteurs de Dieu dans la plupart des cas en Afrique sont assez malheureux matériellement et financièrement. Quelle est la source de cet état de pauvreté? Une certaine interprétation de la Bible fait croire que le serviteur de Dieu doit être malheureux pour être un bon serviteur. Honnêtement, il n’y a aucun appui biblique pour le confirmer.
Dans les Eglises où le pasteur se sent à l’aise pour faire son travail correctement, n’en doutez pas, il est soutenu par les associations des femmes de l’Eglise. En tant que mères, elles sont sensibles à la souffrance. Voyez pour preuve, elles étaient les seules au pied de la croix lors de la crucifixion.
La libéralité de la femme chrétienne est légendaire. En Actes 16:13s, l’apôtre Paul et Silas ont été entretenus par Lydie, marchande de pourpre de la ville de Thyatire.
Dans la plupart des cas ce sont des commerçantes qui se sont occupées des serviteurs de Dieu ou des femmes complètement démunies qui ont donné leurs derniers sous pour soutenir les serviteurs. Je saisis cette occasion pour interpeller les femmes chrétiennes à s’organiser en coopérative marchande non seulement pour leur propre promotion mais aussi pour soutenir l’oeuvre de Dieu.
Ailleurs certaines associations chrétiennes ont des quincailleries, des magasins de produits locaux pour la vente des condiments et des produits de première nécessité, des caisses d’épargne, des dispensaires etc. Nos soeurs maliennes peuvent encore mieux faire car elles sont très intelligentes et les initiatives ne manquent pas.
La femme, et la femme chrétienne en particulier doit être confondue avec les bonnes oeuvres. Ecoutons l’apôtre Paul pour voir cette section sur la libéralité: „De même aussi, que les femmes, vêtues d’une manière décente, avec pudeur et modestie, se parent, non pas de tresses ou d’or, ou de perles, ou de toilettes somptueuses, mais d’oeuvres bonnes, comme il convient à des femmes qui font de profession de piété.“ (1 Tim 2:9-10)

7.              Sagesse des femmes.

En ces temps de révolution féministe, la Bible recommande la sagesse aux femmes chrétiennes c’est-à-dire la modération, la prudence, la circonspection. La réhabilitation des droits des femmes chrétiennes passent par la non-violence et le discernement. „Une qui a de la grâce obtient la gloire (Pr 11:16).  „par le fruit de la bouche chacun se rassasie de biens.“  La valeur de la femme aussi bien que celle de l’homme se mesure par le
comportement. La femme de valeur est sage et met en pratique la parole de
Dieu. La femme du monde est stupide. Tenez la comparaison: „La plus sage
des femmes bâtit sa maison, mais celle qui est stupide la renverse de ses propres mains.“ (Pr 12:1). „La femme qui craint l’Eternel est celle qui sera louée.“ (Pr 31:30).
Contrairement aux femmes féministes révolutionnaires de Beijing, la Bible recommande de la sagesse aux femmes chrétiennes. C’est-à-dire que les femmes ne doivent pas rester dans une situation d’exploitée par les hommes mais aussi elles ne doivent pas d’un coup de main tout balayer sur leurs passages. Aujourd’hui elles doivent demeurer dans une situation médiane. A chaque génération suffit sa peine. Croyez-moi, un jour vous tiendrez le perchoir!

8.        La femme chrétienne et la prière.

La prière est la clef de la victoire. Cette leçon, je l’apprends avec Anne, la mère du prophète Samuel. Stérile qu’elle était (1 Sam 1:1s et 2 Sam 2:1s), elle demanda à Dieu de lui accorder un enfant. Cela fut fait. Elle le consacra aux travaux du temple à Jérusalem auprès d’Elie. Un deuxième exemple est celui de la reine Esther (Esther 2:1 et Esther 5). Elle a ordonné le jeûne et la prière pour sauver son peuple d’une extermination certaine. En retour leur ennemi Haman subit la peine capitale. Il y a de nombreux autres exemples vétéro-testamentaire.
Jetons un regard sur le Nouveau Testament. Quoi de plus indicatif que le cantique de Marie, mère de Jésus: „Mon âme exalte le Seigneur, et mon Esprit a de l’allégresse en Dieu, mon sauveur parce qu’il a jeté les yeux sur la bassesse de sa servante. Car voici ... „ Luc 1:46s.
Dieu jette un regard favorable sur les coeurs de celles qui sont constamment en prière. En Luc 2:36s, la prophétesse Anne devenue veuve ne quittait pas le temple. Elle servait Dieu jour et nuit, par des jeûnes et des prières.
Jésus Christ lui-même a dit à Marthe á propos de sa soeur Marie: „Marthe, Marthe, tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses. Or une seule
chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtées“
Luc 10:41-42. Marie, soeur de Marthe, Lydie (Act 16.14) ont ouvert leur coeur à la parole de Dieu dans un esprit de prière.
Ma proposition est que les femmes de l’Eglise se rencontrent au moins une fois par semaine pour prier. C’est le minimum exigé. Que les femmes du district se rencontrent au moins une fois par mois pour louer le Seigneur et pour prier. Au cours de ces réunions qu’un grand moment soit accordé á la louange. Que la corbeille de louange soit plus pleine que celle des demandes (donne-moi! Donne-moi!).
Au moins une fois par an, les femmes, toutes dénominations doivent se rencontrer en un lieu du pays pour louer le Seigneur.

Femmes maliennes,
les femmes étaient les dernières assistantes du Seigneur à la croix (Marc 15:47). Elles étaient les premières au tombeau (Jn 20:1). Elles ont assisté à la première réunion de prière (Ac 1:14).
De même
Vous devez être les sentinelles de Christ au Mali
Vous devez être au devant du combat spirituel
Vous devez être les soutiens des hommes à l’Eglise
Si l’Eglise est chaude, c’est vous!
Si elle est froide          c’est vous!
Si elle tangue              c’est vous!
Si elle stagne               c’est vous!

Femmes maliennes, vous êtes la charpente de l’Eglise malienne!

Conclusion finale

Il reste beaucoup de choses à dire à nos soeurs maliennes. Pour le renouvellement du corps de l’Eglise, voici ce que je propose.

1. Participation effective des femmes dans toutes les instances de nos Eglises.
2. Les femmes ne peuvent plus être reléguées au second plan, n’en déplaise à la tradition.
3. Les femmes doivent s’organiser en un mouvement qui les mobilise, p.ex. les Sentinelles de l’Eternel au Mali, Debout les Femmes, les Servantes de Christ au Mali, etc. Puissent nos soeurs être originales avec des initiatives créatrices. Cela ne vous exclue pas des mouvements panafricains qui ont une tendance plus politique.
4. Chaque année le mouvement des femmes doit avoir un programme avec des objectifs précis.
5. Les femmes doivent organiser des séminaires de formation avec effectivement des femmes qui ont étudié la Bible.
6. L’embellissement des lieux de culte dépendra des femmes de l’Eglise. Elles
le font si bien dans leurs maisons.
7. Les femmes doivent rendre visite aux femmes malades, prier pour et avec elles.
8. Les femmes doivent travailler ensemble sans distinction de classe.
9. Les femmes doivent s’instruire continuellement dans la parole de Dieu, aider à alphabétiser leurs soeurs.
10. L’Eglise étant d’abord chaque cellule familiale, chaque soeur en Christ
s’occupera correctement de sa famille en première position.
11. Les soeurs chrétiennes doivent lutter pour la sauvegarde de la vie, à ce titre elles doivent proscrire l’avortement.
12. Soyez aimables pour vos maris.
13. Luttez contre la polygamie
14. Mettez les filles á l’abri des grossesses précoces.
15. Occupez-vous des filles chrétiennes de campagne qui viennent dans la grande ville.
16. Non au divorce.
17. Assistance mutuelle en cas de mariage, de naissance etc.
18. Respect aux maris, veiller sur la maison etc.
19. Bien s’occuper des serviteurs de Dieu. 
(fin)
Source: ESPERNANC No. 01-1997
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mercredi 18 mars 2015

La Place de la Femme dans l'Eglise malienne I

par Maurice Sozié  Sogoba

La place de la femme dans la famille, dans la société retient l'opinion nationale et internationale ces dernières années. Nous aussi devons poser cette question: quelle est la place de la femme dans l'église malienne?

1.             Considérations générales.
Les femmes constituent plus de la moitié de la population mondiale. Il en est de même dans les communautés chrétiennes. La considération que l'on porte aux femmes varie d'une zone géographique à une autre. Certains même croient que la femme est un objet. Le problème de la femme est un problème culturel. Il n'est certainement pas possible de le codifié. Elle a fini par croire à son infériorité. Quelqu'un a dit:" on ne peut du jour au lendemain bouleverser le statut de la femme. Les femmes elles-mêmes ne le supporteraient pas: elles douteraient de leur identité" "mon peuple meurt faute de connaissance" dit la Bible. Quelle est notre responsabilité vis-à-vis des femmes?
Est-ce pour les piétiner ou les traiter d'égal à égal dans le ministère de Christ? Interrogeons la Bible.

2.           Assises vétérotestamentaire.
Les femmes comme les hommes ont occupé des responsabilités à différents niveaux. Le leadership de Myriam, soeur d'Aaron et de Moise est vu comme un cadeau à Israël (Mi 6:4). Déborah fut juge et prophétesse (Jug 4:5). Houlda, femme de Cahlloum a invité à la repentance le peuple d'Israël lorsqu'on a découvert le livre de la loi dans le temple (II Ch 34:2). Dieu a utilisé la reine Esther pour empêcher le génocide du peuple d'Israël.
Nous ne finirons pas de citer tous les cas. Le paradoxe est qu'en cette période, la femme était un objet dans la société juive. Elle a assumé sous l'autorité du père, du mari ou du parent le plus proche, les rôles domestiques et celui de mère. Hors de la famille, la femme est pratiquement inexistante. Mais pourquoi en ce moment Dieu a confié des responsabilités aux femmes? Ce n'est pas à l'être humain de contrarier la souveraineté de Dieu.

3.          Le leadership des femmes dans le NT
"Il est ressuscité" a dit Marie-Madeleine. Cette déclaration émane d'une femme. Elle a constaté, la première, le tombeau vide. C'est le plus grand événement que le monde chrétien a connu.
Bien avant, la femme samaritaine a reconnu le Christ (Jn 4:29). Si le ministère d'annoncer l'évangile se dit "évangéliste", je mettrai volontiers ces femmes parmi les premiers évangélistes. Le Seigneur lui-même a dit à Marie-Madeleine: "... mais va vers mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu" (Jn 20:17). Dans ce verset, le verbe est à l'impératif présent. (Porénou de Poreuomai). C'est un ordre à exécuter et immédiatement. Par contre, l'ordre donné aux disciples en Matthieu 28:19 est un participe présent "allant donc faites disciples toutes les nations." Partout où vous passerez, faites des disciples. Quelle conclusion pouvons-nous tirer? Le premier appel est plus emphase que le second. Les femmes et les hommes sont tous les envoyés du Seigneur. Il y a une égalité dans la mission entre hommes et femmes. Les saints qui ont cheminé quotidiennement avec Jésus étaient composés d'hommes et de femmes. Les seuls disciples à pleurer au pied de la croix, au moment crucial, étaient des femmes. 
Femmes maliennes, Christ vous envoie aujourd'hui comme il l'a fait pour Marie-Madeleine. Dans toutes nos églises, nos femmes devraient s'organiser pour prendre leur part dans l'évangélisation de ce pays. Evangéliser n'est pas seulement réservé aux hommes mais aussi aux femmes. Après l'ascension de Jésus Christ, les femmes ont-elles accompli leur mission dans l'église primitive?

4.          L'église primitive et les femmes.
1. Les diaconesses: ce sont les femmes remplissant des fonctions analogues à celles des diacres; ainsi Phoebé "servante" de l'église de Cenchrées (Rm 16:1). L'allusion de 1 Tim 3:11 se rapporte aux choix des diaconesses: " En l'an 100 après JC, il y avait déjà des diaconesses dans les églises de Bithynie, car Pline, dans sa célèbre lettre à l'empereur Trajan au sujet des chrétiens raconte qu'il a interrogé "deux vieilles femmes " de la communauté chrétienne, et qu'on les appelle "ministres", ministrae [1]".
La place des diaconesses est attendue dans nos assemblées Prisca, Tryphène, Tryphose ont soutenu l'apôtre Paul dans le service de l'église.
Dorcas et Lydie, Evodie et Syntiche, par leurs activités lucratives ont soutenu l'oeuvre de Dieu.
C'est un défi que nos soeurs maliennes doivent relever. Elles doivent faire plus que l'église primitive. Le mouvement des diaconesses est une structure et un pilier de l'église. Il est différent des organisations para-ecclésiastiques féminines à but émancipateur.
Peut être que les soeurs maliennes rencontreront des difficultés quant à leur plein épanouissement dans l'église. Nous l'avons déjà dit que chacun reçoit le Christ Jésus dans sa culture. Ceux qui n'ont pas bien digéré les Ecritures Saintes s'attachent encore aux interprétations culturelles qui font force de loi.
Quelle valeur spirituelle pourrait-on bien tirer en interdisant aux femmes de porter des chapeaux ? Quelqu'un a dit: "On peut tomber dans un légalisme chrétien qui est tout aussi réel et tout aussi mortel que l'était le légalisme juif. Quand l'apôtre parle de la tête qui doit être couverte ou découverte, suivant qu'il s'agit de l'homme ou de la femme, quand il entretient ses correspondants de la place que la femme doit garder, en s'abstenant d'usurper une autorité qui ne lui appartient pas, si vous prenez toutes ces choses comme de froides stipulations qui doivent être mises en pratique, Vous n'aboutirez qu'à un système formaliste qui ne pourra que végéter, et ne portera que des fruits étiolés".
C'est pourquoi l'apôtre Paul nous enseigne: "Il n'y a plus ni grec ni juif, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme, car vous tous, vous êtes un en Christ Jésus (Gal 3:28).
Il y a certainement une tension entre ce texte et d'autres périscopes particulièrement dans les deux épîtres de Paul à Timothée.

5.            La trilogie Paul-Timothé-Ephèse.
Dans la plupart des cas, les déclarations pauliniennes qui semblent se contredire, je dis bien qui semblent, car quand on enlève un verset de son contexte on en fait un prétexte. Que se passe-t-il à Ephèse?
1. Ephèse. Le culte des divinités étaient en vogue. Les femmes pouvaient dans certains cultes jouer un rôle de prêtresses et "leaders". A Ephèse, le grand temple d'Artémis (Act 19:28) accueillait un nombre important de femmes prêtresses. La vénération pour cette divinité élevait d'une certaine façon le statut de la femme. C'est l'amorce d'une émancipation féminine.
Parallèlement, à l'église d'Ephèse, les faux docteurs ont semé le trouble dans la communauté. (1 Tim 4:1; 6.21; II Tim 1:15; 2:18; 3:5-7). L'apôtre Paul a maintenu Timothée en ce lieu pour corriger leurs erreurs et leurs abus. Généralement les femmes étaient acquises à la cause des hérésies
gnostiques et du judaïsme hétérodoxe. Ceux-ci étaient là dans l'église (1 Tim 1:4; 4:7; II Tim 4:4; etc). Les femmes qui avaient assimilé les faux enseignements ne donnaient plus l'occasion aux autres d'écouter le vrai enseignement. Elles étaient riches et puissantes et soutenaient les faux docteurs (1 Tim 6.3-10). La réaction de l'apôtre Paul ne se fait plus attendre.

Texte: 1 Tim 2:11-12
11 gunh. evn h`suci,a| manqane,tw evn pa,sh| u`potagh/|\
12  dida,skein de. gunaiki. ouvk evpitre,pw( ouvde. auvqentei/n avndro,j( avllV ei=nai evn h`suci,a|)

Traduction: v. 11 la femme en silence soit instruite en toute subordination; v. 12 d'enseigner de plus à la femme ne pas je permets ni de prendre autorité sur un homme, mais d'être en silence.
Ces deux versets forment un ensemble.
gunh. .... manqane,tw (femme ... soit instruite): la femme peut apprendre - une nouveauté. La fille accompagnait sa mère dans les activités culinaires, Seul le garçon avait droit à l'instruction. A 12 ans, ce dernier devrait être capable de lire la loi. C'était bar mitzva, l'enfant de la loi. Ne nous écartons pas de notre sujet; à savoir l'autorisation nouvelle donnée à la femme de pouvoir accéder à l'instruction.
evn h`suci,a|) .... u`potagh/|\ (en silence ... en subordination): En silence avec entière soumission. Paul dit aux femmes de la congrégation d'Ephèse: "attention, ne jouez pas le rôle de doctoresse, vous avez reçu un faux enseignement, écoutez mes hommes qui détiennent la vérité."
D'ailleurs, le silence dont il s'agit n'est pas une attitude naïve, mais plutôt paisible, néoervée et disciplinée. Si Paul voulait leur fermer la bouche, il utiliserait le terme de siga.w qui signifie demeurer silencieux, ne rien dire (Lc 18:39; 1 Cor 14:38).
Arrêtons-nous un peu sur le terme de subordination, soumission. Ailleurs, l'apôtre Paul recommande aux femmes d'être soumises à leur mari. Dans le cas présent cette soumission concerne les enseignants.

dida,skein: enseigner. Paul a utilisé ce terme au moins 15 fois. Ce terme a plusieurs sens.
Paul interdit aux femmes en situation d'apprentissage de propager de fausses doctrines. Pourquoi pas les hommes? Avec les femmes, les nouvelles font taches d'huile facilement. Ce sont des êtres à sensations.
Elles peuvent accéder à tous les milieux. Aussi lorsqu'elles sont bien formées, elles sont une véritable dynamique dans toute organisation.
Il est souhaitable que l'église malienne mette en marche le deuxième moteur de l'avion bimoteur. C'est à cela que l'on peut goûter aux délices du vol plané sans danger.

ouvde. auvqentei/n avndro,j (prendre autorité sur un homme): Paul interdit à la femme de se présenter et d'agir comme un être indépendant car le résultat de cette attitude est tromperie et mort. La femme doit avoir une attitude de respect et de confiance pour grandir dans la vérité. Ce n'est pas une attitude de commandement, de domination du mari. Dans ce cas, il aurait utilisé le terme de exousia.z.w qui veut dire: "tu n'as rien à dire, fais ce que je te dis". La notion de commander le mari n'apparaît pas ici. Ce n'est qu'une mise en garde contre les faux docteurs. C'est pourquoi le verset 13 commence par la particule gar / car qui débouche sur deux explications:
a) sens explicatif: comme Eve certaines femmes se sont laissées séduire;
b) sens causal: l'accent porte sur les conséquences graves et désastreuses du comportement de ces femmes, conséquences qui constituent les raisons de l'interdiction.                 

c) Eve s'est trompée certes: c'est une typologie. Il y a eu une Eve négative et une Eve positive: Marie, mère de Jésus.

Finalement avec la récréation du monde en Marie, la femme n'est plus une comme un être inférieur. Elle a mission de prêcher la Bonne Nouvelle, de prendre part à toutes les activités de l'église aux côtés des hommes. N'oublions surtout pas qu'elles sont les piliers de l'église et les hommes sont le toit. Qui est le  plus important? Ainsi je crois qu'avec la femme il ne faut pas maintenir le statut quo, c'est-à-dire une société patriarcale; il ne faut pas non plus prôner une révolution.
Ce qui doit guider et motiver le chrétien, c'est la personne de Jésus Christ. Il y a une tension entre deux éléments: la tradition c'est-à-dire les coutumes et les structures de la société d'une époque. La nouvelle liberté en Ga 3:28 est une liberté réelle; cependant ni les hommes ni les femmes ne doivent abuser de cette situation. Equilibrons la balance.
(à suivre)
Source: ESPERNANC No. 00-1997




[1] Voir PACHE, René, (sous-dir.), Nouveau Dictionnaire biblique, Saint-Légier, Emmaus, 1983, p.190